Bizarre, nest-ce pas, cette injonction ? Oyez, oyons sont ici les formes dimpératif du verbe ouïr.
Et cest Jarry qui nous invite à cette écoute, dans une « Pastorale »
intitulée Lobjet aimé.
Le verbe ouïr est entièrement sorti de lusage, et il faut être
Jarry pour oser lutiliser ailleurs que dans lexpression « figée » par ouï dire. Il ne sembrouille pas dans la conjugaison oubliée
de ce vieux verbe, contrairement à Flaubert : voulant lui aussi lemployer
à limpératif, il forge la forme ouïssez, refaite sur le modèle de finir.
Pourquoi ouïr a-t-il pratiquement disparu ? On dit parfois que cest
à cause de sa conjugaison peu régulière. Mais voir a bien survécu, avec
des formes à peu près aussi insolites : le futur je verrai nest
pas plus régulier que le jorrai (parfois joirai) de
notre ouïr. Cest plutôt que ouïr, trop extensif, ne permettait
pas la distinction opérée par ses deux concurrents victorieux : écouter
et entendre.
ouïr : troisième groupe