Ainsi s’exprimait Le Monde, dans le titre
d’un article du 31 août 2002. Chacun, bien sûr, comprend immédiatement
le verbe chouchouter. Il signifie " entourer d’attentions et
de soins ", comme le montrent les propos rapportés dans le
corps de l’article : " Université à quelques minutes
de la plage, baignades l’après-midi, excursions le week-end à
Monaco ou à Cannes : "Nous les chouchoutons,
confie la directrice. Les distractions sont nombreuses"".
Le verbe est formé, à l’aide de
la marque – er séparée du radical par un – t –,
sur le mot chouchou, lui-même redoublement de chou, utilisé
(pour quelle mystérieuse raison ? Pâtissière ?
Sexuelle ? Nul ne le sait) comme terme d’affection. J’attire au passage
votre attention sur le féminin de ce mot et sur son pluriel : le
féminin est chouchoute, avec le même – t – que chouchouter.
Pour le pluriel, on hésite entre chouchous et chouchoux,
qui augmente d’une unité la fameuse liste des " sept mots en – ou qui prennent un – x au pluriel " (elle est, à
vrai dire, déjà allongée par ripou, pluriel ripoux.)
Reste un petit problème : pourquoi
diable, dans le titre de l’article, le verbe chouchouter est-il entre
guillemets ? Deux réponse possibles : c’est peut-être
une citation anticipée des propos de la directrice rapportés dans
l’article. Mais les guillemets peuvent aussi attirer l’attention sur l’aspect
familier du mot, qui fait contraste avec la gravité du problème
posé : celui de l’accueil en France des étudiants étrangers.
chouchouter : premier groupe