Ça vous rappelle quelque chose
? Ça devrait : c'est, dans Le petit chaperon rouge, le mode d'emploi
donné par la grand-mère pour ouvrir sa porte. Le petit chaperon rouge comprend
tout de suite, et le loup aussi, hélas ! Mais vous, vous auriez compris, par
exemple, la forme cherra ? Et vous sauriez en faire l'analyse grammaticale
? Non ? Eh bien c'est le futur du verbe choir: Dès qu'on aura tiré la chevillette, la bobinette pièce de bois servant à bloquer
la porte tombera. La porte s'ouvrira, et le loup entrera.
Le malheureux verbe choir est à peu près complètement sorti de l'usage: il ne subsiste guère qu'à l'infinitif,
notamment dans l'expression laisser choir et au participe, chu, dont
le féminin a fourni le nom chute. Le futur cherra était irrégulier,
et concurrencé par choira. Les préfixés échoir (le cas échéant,
terme échu, etc.) et déchoir survivent un peu moins mal.
Maintenant, pourquoi choir a-t-il
pratiquement disparu au profit de tomber ? Question complexe. L'irrégularité de la conjugaison a pu jouer, comme pour ouïr évincé par entendre.
Mais d'autres verbes peu réguliers ont bien survécu...
choir : troisième groupe