Il n'a pas très bonne réputation, le verbe réguler. D'abord parce qu'il a un homonyme : une bielle régulée
est garnie de régule, alliage métallique qui limite l'usure liée aux
frictions. Dans son usage le plus commun, réguler passe pour un emprunt à l'anglais regulate. Et, nous disent les puristes, il double inutilement
régler.
Ces deux affirmations sont également discutables. Régler a une valeur ponctuelle : on règle un moteur, un problème, ses dettes
une bonne fois, et on n'y pense plus. Réguler introduit l'idée de permanence
du réglage : un moteur régulé n'a en principe... plus besoin
d'être réglé.
Quant à l'origine anglaise du verbe, il faut préciser. Il est
attesté en français dès 1368, et Oresme l'utilise dans ses traductions françaises
d'Aristote. C'est un emprunt, oui, mais au latin regulare, qui signifie diriger. Il est vrai qu'il sort de l'usage français pendant plusieurs
siècles : aucun dictionnaire ne le mentionne entre le XVIIème et le début du
XXème siècle. Il ressurgit en 1953. Et il est possible qu'il soit influencé,
dans certains emplois, par son équivalent anglais. Qui, bien sûr, a la même
origine...
réguler : premier groupe