Un bel exemple d'accumulation de préfixes,
ce néologisme dérembourser. Voyons un peu. Vous prenez le mot bourse,
avec le sens, bien sûr, de sac destiné à contenir de l'argent. Vous
munissez simultanément ce nom de la marque verbale -er et de deux préfixes: em- (forme de en- devant -b) et r- (forme de re-
devant voyelle). Je dis bien deux préfixes, l'un et l'autre indispensables
car *embourser, moi, je ne l'ai jamais entendu, même si le Trésor
de la langue française lui accorde un article, avec
un exemple.
Et *rebourser, lui, est totalement inconnu, de même que *bourser tout
court. Au rembourser ainsi formé vous ajoutez votre 3ème préfixe, dé-,
et vous obtenez... le meilleur moyen de boucher le trou de la Sécu.
Car dérembourser ne signifie pas, Dieu merci, récupérer ce qui
a été remboursé, mais, c'est un peu moins grave, cesser de rembourser:
on déremboursera les médicaments de confort.
C'est là l'originalité de notre dérembourser.
Car cette valeur cessative de dé- est rare. Quand on la rencontre,
ce n'est jamais qu'avec des intransitifs : décolérer, dessaouler et quelques
autres. Le trou de la Sécu fait évoluer la langue...
dérembourser : premier groupe