Le 7 juillet 1997, à 8h 58, M. Jacques Toubon, interrogé sur
France-Inter, a utilisé le verbe amars(s)ir. Il a ajouté le commentaire
suivant : Je ne sais pas si ce verbe existe, personne ne l'a jamais employé.
M. Toubon se trompait doublement. D'abord parce que le verbe avait déjà été employé:
dans le Bien public, journal de la Côte d'Or, il est vrai peu avant, précisément
le... 5 juillet (en même temps que le dérivé amarssissage, orthographié,
comme le verbe, avec deux -ss-). Ensuite parce que le simple fait pour
M. Toubon (ou qui que ce soit d'autre) de prononcer le verbe avait eu pour effet
immédiat de le faire exister.
Restera-t-il dans la langue ? Ce n'est pas sûr. Il entre dans
la très brève série d'atterrir, amerrir, alunir et avénusir (attesté,
je le jure, mais je ne retrouve pas la fiche). Les deux premiers (atterrir
depuis 1611, avec la marque -ir du 2ème groupe parce que atterrer
existait déjà avec un autre sens, amerrir depuis 1928) sont bien
installés. Alunir, attesté dès 1921, est mal vu par l'Académie Française.
Je ne donnerais pas trop cher de la peau d'avénusir ni d'amarssir,
à moins bien sûr que ne deviennent quotidiens les amarssissages!
amars(s)ir : deuxième groupe