Immédiatement
après être et avoir, qui doivent leur
place privilégiée à leur statut d'auxiliaires, faire
vient en troisième position pour la fréquence d'emploi.
Personne ne s'en étonnera: le sens de faire est si étendu
qu'il lui permet, peu s'en faut, de se substituer, dans certaines conditions,
à tout autre verbe. C'est ce qu'on appelle, de façon très
pédante, l'emploi vicariant de faire. Le mot vicariant
signifie précisément que faire remplace un autre
verbe, exactement comme un vice-président remplace le président
en son absence. On a même parlé parfois de pro-verbe,
sur le modèle de pronom. Voulez-vous des exemples? Lisez le
journal, écoutez la radio, avec un peu d'attention, vous en ferez chaque
jour une bonne récolte. Sur une radio périphérique, un
commentateur désabusé commentait la "défaite"
— tiens, encore le verbe faire dans ce vieux nom… — de Paris devant
Pékin pour les Jeux Olympiques de 2008: "Pékin s'est comporté plus adroitement que n'a fait Paris". Au XVIIe siècle,
cet emploi vicariant de faire était beaucoup plus étendu
qu'aujourd'hui. On pouvait notamment lui donner un complément d'objet.
Ainsi Dom Juan séduit une jeune personne en l'assurant qu'"on
vous aime autant en un quart d'heure qu'on ferait une autre en six
mois".
C'est
la première fois que faire accède au statut glorieux
de "verbe de la semaine". Ce n'est sûrement pas la dernière: faites — si j'ose dire — attention!
faire : troisième groupe